
La soixantaine m'a dépassé il y a presque dix ans en me donnant un long congé qu’on appelle « retraite » mais je ne me sentais pas vieux pour autant. En effet, si je portais en Moi l'enfant que je fus, et dont je peux toujours évoquer la présence, comme celle de l'adulte en devenir que je suis, je ne ressentais pas les effets négatifs du vieillissement. Les gens de 60 ans ne sont plus des « personnes âgées » mais de « jeunes retraités ».
Ce jour, ou mes 70 ans me talonnent, je ne me reconnais pas dans l'appellation non contrôlée de « personne âgée », malgré ma démarche chaotique et mon souffle un peu court. Je ressens le besoin d’assumer tel que je suis et de défier la vieillesse, "rester jeune " même si le changement de couleur de ma chevelure est synonyme des années qui passent, il symbolise une renaissance, celle d’une nouvelle étape de ma vie. En beauté, bien sûr! En avançant en âge, mes forces diminuent, j’aperçois mieux que tout est don gratuit que nous recevons d’Allah, que tout est grâce, et nous vivons.
Le vieillissement, c'est un voyage à travers le temps et l'espace. Ce long voyage ne se réduit pas à une étape, la vieillesse. Le vieillissement, c'est la vie, qui débute dès la naissance et s'achève avec le départ de l’individu.
Si dans le mot vieux il y a le mot « vie », nous pouvons aussi y repérer le pronom personnel « eux », qui fait du vieux un autre plus âgé : le vieux c'est l'autre.


